RTSreligion sous la loupe 52


À l’heure où les enjeux religieux marquent l’actualité et où le service public est en danger, RTSreligion fournit des clefs de lecture décisives pour penser la diversité de notre société. Un sociologue lance une enquête pour saisir au plus près le travail de ces journalistes.

Par Philippe Gonzalez

Le débat autour de No-Billag a quelque chose d’apocalyptique. Et l’on comprend pourquoi. La qualité de notre espace public dépend des médias que nous nous donnons. Qu’arriverait-il si l’on mettait fin au service public de la RTS ? Comment gérer la pluralité qui caractérise notre pays si l’on se prive de ce trait d’union entre les communautés qui composent la Suisse ? L’heure est grave.

Ce débat n’est pas sans en rappeler un autre qui s’est joué en 2015. La direction de la RTS décidait alors de tailler dans le budget des émissions religieuses. Une mobilisation populaire forte de 25’000 signatures avait obligé les partenaires à s’asseoir à la table des négociations. Ce qui permit aux journalistes de RTSreligion de sauver l’essentiel de leur mission: informer le large public sur l’actualité religieuse et la décrypter. Sans surprise, les arguments mobilisés hier font retour aujourd’hui. Car l’information ne se réduit pas à un produit de consommation; elle est aussi un moyen décisif à travers lequel nous, citoyens, appréhendons et valorisons la diversité qui caractérise notre pays.

À cet égard, le travail de RTSreligion est essentiel au moment où la pluralité religieuse interroge notre société. Ses journalistes nous aident à décrypter l’actualité, à donner du sens à des éléments culturels qui nous échappent, alors que nous sommes toujours moins nombreux à fréquenter un lieu de culte. Dans les lignes qui viennent, j’aimerais expliquer pourquoi ce type de journalisme est important, et en quoi il intéresse le sociologue que je suis. Je le ferai en revenant sur la façon dont RTSreligion retravaille nos évidences à l’égard des religions. Pour cela, je passerai en revue trois rapports qui caractérisent le travail de ce média, autant de lieux où s’exercent des forces contradictoires : le rapport au public, aux Églises historiquement reconnues et aux collègues journalistes.

© 2016 Lws & Clrk – licence Creative Commons.

Le religieux : peu évident pour le public

Nos contemporains ont pris beaucoup de distance avec la religion, en particulier avec le christianisme. Le religieux, les confessions, les croyances – tout cela apparaît comme exotique au citoyen lambda. C’est d’autant plus vrai si ce citoyen est urbain et s’il n’a pas reçu d’éducation religieuse. Deux chiffres suffisent à illustrer le propos : en 2015, 23,1% des habitants de Suisse se déclarent «sans appartenance religieuse»[1]; en 1970, ils étaient 1,2%. Cette distance marque un désintérêt pour la religion. Celle-ci semble peu évidente pour une part considérable de la population. Difficile de comprendre l’importance du sujet, lorsqu’il n’en a pas pour soi, sur le plan personnel. Difficile de comprendre le sujet tout court : il est trop éloigné de ses préoccupations personnelles, et les connaissances pour l’appréhender font défaut.

C’est ici qu’intervient RTSreligion. Ce média traduit l’actualité et la culture religieuses pour un public peu familier de ces enjeux, des auditeurs ou des spectateurs qui ne saisissent pas vraiment ce qui est en jeu. Ainsi, RTSreligion retravaille nos évidences sur le religieux et les religions. Elle fournit des clefs de lecture pour comprendre des éléments centraux de notre histoire, c’est-à-dire d’où nous venons. Mais ces clefs permettent aussi de faire sens de la façon dont notre culture s’est construite au contact d’autres cultures – ce qu’elle continue de faire. Et cela nous permet d’envisager, en citoyens, comment nous rapporter à cette diversité, c’est-à-dire décider, de façon informée, où nous souhaitons aller.

Un partenariat historique

Ces clefs de lecture sont le fruit d’un service que les Églises reconnues offrent à la population helvétique, en collaboration avec la RTS. Ce partenariat œcuménique (catholique romain et réformé[2]), unique à la Suisse romande, a plus de cinquante ans. Cette réalisation historique ne sort cependant pas indemne des transformations actuelles de notre paysage religieux. Dans la Suisse des années 1960, le protestantisme et le catholicisme étaient incontournables, tant en regard du nombre de fidèles que de la centralité de leurs institutions. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et cela se répercute sur le partenariat.

Ces transformations ont un effet sur la façon dont les Églises reconnues conçoivent leur présence dans la société. Vont-elles continuer de soutenir un journalisme dont la mission est de restituer les enjeux de l’actualité religieuse pour le large public? Vont-elles plutôt miser sur des canaux permettant de faire la promotion de leurs activités ecclésiales? L’enjeu est de taille. Il se répercute sur la mission de RTSreligion. Les Églises seront-elles en mesure de financer ce service offert à la collectivité, alors que leurs finances s’amenuisent?

Par ailleurs, ce partenariat remonte à une époque où les deux confessions chrétiennes résumaient à elles seules le paysage religieux helvétique. Aujourd’hui, la sphère religieuse est bien plus diverse. Quel statut donner dès lors au judaïsme, à l’islam ou au bouddhisme? Ces religions possèdent-elles des institutions suffisamment solides et représentatives pour être en mesure d’intégrer le partenariat?

Une affaire de déontologie

Les compétences des journalistes de RTSreligion sont reconnues par leurs collègues travaillant dans d’autres rédactions du service public. Cette reconnaissance n’était pas acquise lorsque le partenariat a débuté: à l’époque les chroniques étaient rédigées par un pasteur ou un prêtre. On est progressivement passé de la figure du ministre, à celle de l’informateur religieux, puis à celle du journaliste spécialisé. Ce passage ne s’est pas fait tout seul: les collaborateurs des émissions religieuses ont acquis un savoir-faire et une déontologie journalistiques. Mais cette réputation n’est pas à l’abri de la critique.

Il arrive que la proximité des collaborateurs de RTSreligion avec les Églises fasse débat quant à leur indépendance. La question se pose ainsi: si les Églises financent leurs salaires, ces journalistes sont-ils vraiment indépendants? La réponse est pour une large part empirique. Elle se vérifie à la qualité des émissions que réalise ce média et aux sujets qu’il aborde.

À l’inverse, cette proximité avec les institutions religieuses peut se révéler un atout. Elle offre à ces professionnels une solide connaissance du terrain et un accès privilégié aux acteurs. C’est un avantage de taille par rapport à des collègues dont le religieux ne constitue pas la spécialité. Connaître le domaine permet d’éviter de donner la parole à des interlocuteurs qui, en réalité, ne représentent qu’eux-mêmes, même si le propos promettait de belles étincelles à l’antenne. Mais il y a un autre atout: le temps, c’est-à-dire le fait de maîtriser les dossiers et leur histoire. Cette compétence permet aux collaborateurs de RTSreligion d’éviter certains dérapages que génère un journalisme qui réagit au direct sans recul historique.

Finalement, la critique de la proximité oublie parfois que ces journalistes du religieux couvrent des dossiers que les Églises préféreraient laisser dans l’ombre. Leur déontologie les conduit à aborder des sujets aussi sensibles que la désaffection des paroisses protestantes, les cas de pédophilie parmi le clergé catholique, ou certaines dérives en milieu évangélique.

La loupe du sociologue

Trois lieux où se jouent des tensions: l’un relatif au public, l’autre aux liens avec les institutions religieuses, le dernier propre à la pratique journalistique. Les identifier n’ôte rien au travail essentiel que produit RTSreligion sur nos évidences en matière de religieux. Ces nuances permettent de restituer le tableau dans sa complexité, même si le portrait a été brossé à grand trait. Surtout, elles appellent à poursuivre l’investigation. On l’a vu, ce partenariat entre Églises reconnues et service public revêt une grande importance pour penser la diversité de notre pays. Pourtant, et de façon étonnante, ce média n’a jamais donné lieu à une enquête menée par des chercheurs en sciences humaines ou sociales.

C’est pourquoi, au cours des mois à venir, j’aurai l’occasion d’observer de près le travail de ces journalistes. J’essaierai de restituer comment ils et elles mettent en œuvre, au quotidien, un «art de la distance»[3]. Cet art leur permet d’aborder des sujets complexes qui marquent notre actualité. Et cela tient en grande partie à leur façon de négocier leurs rapports entre leur public, les Églises qui les mandatent, et leurs collègues du service public. Ma loupe de sociologue tentera de saisir comment RTSreligion retravaille nos évidences en matière de religieux. Pour autant que l’issue des votations du 4 mars prochain permette à la RTS de continuer à exister et de remplir sa mission.

Philippe Gonzalez

sociologue

Université de Lausanne

Notes

[1] Office fédéral de la statistique, «Religions», url : https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/population/langues-religions/religions.html [consulté le 14.02.2018].

[2] L’Église catholique-chrétienne, bien que reconnue, ne fait pas partie de ce partenariat. Sur ces organismes de droit public, voir l’article de C. Winzeler, «Églises nationales» du Dictionnaire historique de la Suisse, 03.09.2014, url: http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F43204.php [consulté le 15.02.2018].

[3] D. Hartmann, «Religion et radio-télé: l’art de la distance», Le Courrier, 06.09.2013.

Facebooktwitterredditlinkedintumblrmail

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

52 commentaires sur “RTSreligion sous la loupe

    • Georges

      Il est évident que l’enseignement de l’Eglise doit continuer de bénéficier du vecteur que nous avons actuellement. La TV et la Radio jouent actuellement un rôle très important dans ce domaine Ne pas réagir dans cette situation tragique que nous vivons actuellement, c’est tout simplement s’en « foutre » et par conséquent renier ses origines chrétiennes.

  • Dormond

    Merci de tout faire pour sauvegarder une émission qui nous fait réfléchir, toutes confessions confondues, aux raisons qui font que vivre ensemble sur cette planète est possible en se respectant les uns les autres moyennant un minimum de connaissance de ce que vivent les gens que l’on côtoie tous les jours.

  • Bitz Mirielle

    Merci pour toutes les informations données. Il est important, sinon indispensable, de voter « non » à NoBillag si nous voulons continuer à recevoir les émissions qui me sont chères!

  • Rey

    Bravo pour la diversité des sujets et le respect avec lequel ils sont traités. Contrairement à la presse de « boulevard » qui joue de plus en plus souvent sur les émotions.

    • Chantal Jobin

      Félicitations M. Gonzalez pour votre démarche, j’espère que vous pourrez la mener à terme.
      Merci à tous les collaborateurs de la RTS, tout particulièrement aux journalistes de RTSreligion. J’apprécie l’ouverture d’esprit qui leur permet d’aborder sans polémique ni prosélytisme des sujets touchant à toutes les religions. Ces émissions sont nécessaires et bienfaisantes.
      Non à No-Billag évidemment.

  • Danielle

    Oui, il est important de continuer de parler des religions à la RTS. Je suis persuadée qu’il est possible de réaliser des émissions vivantes et très intéressantes, pas forcément très coûteuses. En choisissant des invités et interlocuteurs capables d’élever l’esprit des auditeurs au niveau spirituel, il est possible d’intéresser aussi des personnes qui de prime abord ne se sentiraient pas forcément concernées. Avec mes encouragements.

  • Mottet

    l’émission « faut pas croire » est vraiment excellente. Par contre les informations à la RTS sont malheureusement souvent fausses concernant Israël. Il y a eu plusieurs émissions sur Israël qui prennent une position qui n’a rien à voir avec la réalité. Je dirais aussi que concernant les Etats Unis, la position de la TSR est franchement anti-Trump, alors qu’une chaine de télévision doit donner les faits mais pas prendre parti pour x ou y . Malheureusement l’influence de la France et de l’Europe sur la télévision de suisse romande a trop d’importance. Les chrétiens n’ont jamais vraiment été défendus non plus en Syrie sur votre chaîne. car vous vous soumettez à la pensée unique. Vous ne défendez pas l’identité de la Suisse, ni a la décision du peuple Suisse. C’est pourquoi il est indispensable que nous disions oui à « No Bilag ».
    Vous savez si vous êtes RTSreligions que « Le débat autour de No-Billag a quelque chose d’apocalyptique », apocalyptique en fait veut dire révélation.
    Alors oui il faut révéler les côtés tendancieux de cette TSR et mettre fin à son hégémonie.
    Je voterai donc OUI à « No Billag »

    • Jean-Claude Cadoux

      Désolé de lire ces arguments, accepté de supprimer le système actuel ouvre la porte au chaos et c’est le règne de l’argent uniquement qui va tout diriger.
      Et o’u se trouve les gros moyens en Suisse ? Dans la partie alémanique, donc au nom du profit les minorités seront mises de côté et oubliées.
      Dont l’émission Faut pas croire et les autres retransmissions et programmes religieux. Donc il faut voter NON à No Billag.

    • Pierre-Alain Tissot

      Je suis bien d’accord avec vous, M. Mottet, sur la tendance de gauche des informations sur la RTS.
      En dépit de beaucoup de protestations du tiers conservateur des Suisses, la SSR reste sourde aux critiques et ne respecte toujours pas le mandat constitutionnel en matière d’équilibre politique.
      Donc, que faire ? Votez oui à No Billag ? J’hésite encore…

  • Serge Carrel

    Bonjour,
    Merci pour cette présentation.
    Une petite question: ne vous a-t-on rien dit sur la participation des évangéliques depuis plus de 20 ans à RTSreligion via le financement de la Fédération romande d’Eglises évangéliques (FREE)? La journaliste Gabrielle Desarzens est engagée à 40% depuis 2009 dans le cadre de Médiapro, mais payée par les évangéliques. J’ai moi-même occupé un poste de journaliste à 50% de 1997 à 2005, puis un mandat pour des séries d’émissions sur Espace 2 de 2005 à 2009… Tout cela via un financement de la FREE…

    Je me réjouis de vous voir opérer un correctif.

    Meilleurs messages.
    Serge Carrel, journaliste à lafree.ch, site évangélique d’information

  • Bernard

    N’oublions pas que nous sommes non pas un pays laïque mais un pays chrétien !
    La constitution fédérale (le pacte), toujours valable, commence par:
    « Au nom de Dieu, Amen »
    Alors rien que pour respecter notre pays, il est indispensable que la RTS (nationale) diffuse un tout petit peu d’informations à caractère chrétien!
    Ou alors, faites changer le texte de la constitution !

  • Sabine Girardet Mandofia

    Merci de poursuivre votre travail de qualité, nourri de recherches approfondies et enrichi régulièrement par l’intervention de spécialistes.

    Le débat actuel soulève sans aucun doute quelques dis fonctionnements et dépenses inappropriées qu’il convient aux dirigeants de régler pour continuer à avancer avec le soutien de la population attachée à un service radio et télévision public, neutre, de qualité.

  • GABY BIELER

    Nous vous rejoignons, hélas, dans l’observation du désintéressement au religieux…
    Et nous ne saurons jamais vous dire assez MERCI pour votre fidèle engagement au fil des mois, l’œcuménisme en est même sorti gagnant !
    Nous apprécions votre ouverture, votre compétence et votre connaissance du domaine religieux, tant à la radio qu’à la télévision. C’est un vibrant témoignage pour notre monde moderne qui renie ses vraies valeurs…
    La société change, mais l’important restera la tolérance, la paix et l’espérance. RTSreligion est l’émission essentielle, voire irremplaçable et tant appréciée !

    QUE CHAQUE PERSONNE VOTE NON à « NO BILLAG » POUR UN MONDE PLUS HUMAIN ! Gaby

  • Jacques-André Chezeaux

    Le débat actuel par rapport à l’initiative révèle de profondes divergences au sein du public. Je ne soutiens pas l’initiative No Billag considérant qu’il est primordial de maintenir une information de qualité telle que nous la connaissons aujourd’hui. Concernant les émissions « religieuses » elles sont essentielles dans le contexte de notre société qui se cherche et qui est parfois déboussolée par le manque de repères. Il est important dès lors de maintenir et développer un débat constructif respectueux de tous.
    Il n’en demeure pas moins que la SSR doit absolument se remettre en question sur de nombreux points, ne pas succomber aux modes actuelles et arrêter de nous bombarder de publicité par exemple. (bravo la France!!)

  • Raoul Wust

    je félicite Philippe Gonzalez de sa prise de position et pensons aux personnes âgées, malades, handicapées et tous ceux pour qui RTSreligions leurs permettent de se relier au monde des religions et à ses ouvertures au monde d’aujourd’hui

    raoul wust

  • Daniel Bain

    Je continue à apprécier la qualité des émissions religieuses de la RTS (radio et TV), que j’écoute ou regarde régulièrement. Eloignés de tout intégrisme, leurs journalistes donnent un reflet précieux de l’actualité religieuse, avec professionnalisme. Je regrette seulement que ces émissions ne soient pas assez connues des fidèles qui fréquentent (encore!) les cultes ou autres manifestations paroissiales.

  • CUENOT Nelly et Raymond

    Continuez vos émissions indispensables pour toute personne à mobilité réduite (messe et culte des dimanches).
    Les autres émissions sont aussi une source d’enrichissement pour confronter nos croyances avec celles d’autres religions

  • Sandoz Dutoit, Anne

    Beau projet, qui interroge aussi la manière de pallier une forme d’analphabétisme religieux afin de contribuer à éviter les « dérives fanatico-émotionnelles »: décortiquer la/les matrices dans laquelle nous nous inscrivons et les grilles de lecture de la « réalité » qui sont les nôtres m’apparaît comme un travail judicieux. Discipline du décalage par excellence, de la prise de recul par rapport aux évidences, la théologie est un partenaire indispensable de la sociologie comme de la philosophie pour (re)penser les enjeux d’aujourd’hui et esquisser des pistes concrètes.

  • BARBLAN Léo

    Dans l’état actuel de nos civilisations, il me paraîtrait essentiel que vous développiez encore la dimension de philosophie des religions et en particulier l’affirmation des valeurs universelles fondamentales de toutes formes de spiritualité, soit le respect mutuel, la bienveillance, la solidarité envers le tout autre et la capacité optimale d’accueil de la diversité et des personnes.

    Il serait aussi utile de mettre en accusation le dualisme « bien / mal » qui n’existe pas autrement qu’à travers les yeux d’un « juge » de situation. Il serait heureux que vous vous intéressiez à la distinction entre « ce qui est accompli » et « ce qui reste à accomplir » de la tradition hébraïque, mal traduit en son temps par les Grecs (selon leur morale de l’époque) en « bien » et « mal ». Le propre de la recherche individuelle de chacun de « accomplir son inaccompli » souligne en effet un processus de vie dans lequel chaque personne a pour tâche impérative de faire au jour le jour les choix qu’il estime le plus justes en fonction des situations auxquelles il est confronté, et ce dans le respect des valeurs sus-citées.

    À ces conditions, chacun peut « faire chaque jour le mieux qu’il peut » conformément aux principes des accords toltèques pour travailler à l’accomplissement et à l’allègement de son âme (de sa part d’âtman) et cheminer en tant que personne et sujet sur la voie qui conduit au divin.

    Je pense que dans ces perspective, le « religieux » pourrait redevenir en tant que spiritualité vivante un centre de gravité culturel et social de première valeur et mondialement acceptable au delà des sectarités et dogmatismes du « religieux ».

    Merci de l’attention que vous voudrez bien porter à ce message.

  • dorris Claude-Feekes

    Bonjour, les émissions religieuses, qui nous font réfléchir, me rendent heureuse. Merci à vous, soyez assuré de ma prière. Aller dans une église n’est presque plus possible au-delà de 80 ans, vos émissions remplacent cela 🙂

  • chalverat guy

    intéressant d’avoir un sociologue à l’uni qui s’occupe et défend cette position journalistique et de d’informations, espérons hors des dogmes des églises.
    la photo du mail nous ramène à une époque ….dépassée
    dommage que vos temps d’antenne ne soient que le dimanche et non le matin en semaine.
    faut pas croire … jamais entendu….

  • Boudewijn Sjollema

    Il est absolument essentielle que les émission religieux continuent et même qu’elles soient renforcées. Mais il faudrait en même temps que le contenue et la qualité de ces émissions soit discutée plus ouvertement par ceux et celles qui s’y intéressent vraiment. Comment le faire?

  • Brigitte Fayet

    Je reste convaincue que la liberté de s’informer de penser et de communiquer est pour l’instant bien gérée en Suisse.
    Il ne s’agit pas que de la politique ou du prix de nos salades : la religion et les croyances humanistes en font partie.
    Je voterai donc NON à NoBillag, qui mettrait à sac nos acquis, ainsi que la vie professionnelle de nos journalistes de tous bords.
    Merci pour votre vision et votre travail.
    Brigitte Fayet

  • Y. Schmidt

    Merci Monsieur GONZALEZ !
    Oui la Suisse est un pays chrétien, et les émissions chrétiennes précieuses.
    Payer moins cher m’arrangerait financièrement. Mais la FOI a besoin de progresser dans notre pays.
    Alors NON à no-Billag

  • Michel Baumgartner

    L’analyse de Philippe González est classique, mais ne correspond pas vraiment à la réalité.

    Elle est classique en ce sens qu’elle fait une distinction entre le croire des religions et le croire des idéologies. De plus les statistiques sur lesquelles il travaille ne laissent aucun choix à la personne qui est interrogée, elle ne peut donner qu’une seule réponse.

    En réalité les idéologies, comme le communisme, le maoïsme, le nazisme, le capitalisme, le néolibéralisme économique ont été ou sont vécus comme des religions.

    De plus, le croire d’une personne n’est pas simplement un croire, mais des croire.
    Une personne peut très bien être à la foi chrétienne et bouddhiste, mais surtout à la fois chrétienne et capitaliste.

    En conséquence comme le souligne Philippe González, il y a distance prise par rapport au christianisme, mais pas distance par rapport à la religion.
    Le religieux n’est pas exotique mais il est pleinement vécu et précisément porté par la RTS.
    Je songe en particulier aux litanies journalières dévolues à la bourse, sorte de « liturgie » du néolibéralisme économique.
    Je songe aux « prédications » des experts de la bourse, véritables gourous de l’économie, aux « homélies » de nos politiciens et politiciennes nous rappelant sans les vertus du dogme de la croissance (économique bien sûr).

    En conclusion la question n’est pas de savoir s’il faut garder ou non une petite place ou une grande place pour le christianisme, l’islam (et dans une certaine mesure pour le bouddhisme et le judaïsme qui ne comptent que peu de fidèles en Suisse).

    La question est celle d’une prise de conscience toutes ces formes du croire, d’un équilibre à trouver entre elles et d’un débat constant pour donner un éclairage sur cette réalité.

    • Mottet

      Bonjour contrairement à vous, il est pour moi complètement incompatible d’être chrétien et bouddhiste. Le message de la Bible est clair, par contre le line entre chrétien et juif est fondamental puisque le salut vient des juifs, pas des bouddhistes, ni du nazisme, ni du capitalisme. Maintenant on peut être capitaliste et chrétien, sans aucun problème.

  • Georges

    « Nos contemporains ont pris beaucoup de distance avec la religion, en particulier avec le christianisme. Le religieux, les confessions, les croyances – tout cela apparaît comme exotique au citoyen lambda. « 

  • M. André

    Vous dites: « Quel statut donner dès lors au judaïsme, à l’islam ou au bouddhisme? Ces religions possèdent-elles des institutions suffisamment solides et représentatives pour être en mesure d’intégrer le partenariat? »
    Avez-vous pensé aux églises « Evangéliques » de Suisse qui sont le résultat d’une église Réformée sans vision, et cela depuis des dixaines d’années. Les évangéliques ont bien plus de membres et de non-membres chaque dimanche matin que dans l’Eglise Réformée. Alors pourquoi chanter l’alliance catholique et réformée, alors qu’une pareille quantité de chrétiens semble ne reçoit aucune reconnaissance dans les domaines de la foi chrétienne: église, enseignement, école biblique, missions etc.. Peut-être pourriez-vous au moins relever leur significance avant celle des musulmans, des boudhistes et d’autres religions idolâtres. Si vous proposez de jeter des ponts avec ces derniers, peut-être faudrait-il commencer avec nos con-citoyens chrétiens, mais pas dans les églises « subventionnées ».
    Quelle place ont-ils même sur RTS? Consédérées comme des sectes (de qui, de quoi?), leur croissance et leur implication dans des missions d’aides et d’enseignement partout dans le monde, le temps n’est-il pas venu pour leur donner aussi un salut de respect dans la société suisse plutôt qu’un sourire de dérision intellectuelle? – Les considérer un tout petit peu, n’est-ce pas aussi une attitude qui marquait notre Seigneur dans son temps?
    C’est clair qu’il faut voter non à No-Billag. Mais plus important c’est de se poser la question pourquoi en arrvons-nous à ce vote? Et vous l’avez répondue. La Suisse est devenu une société païenne par fossilisation religieuse, et par immigration. La vision évangélique a besoin de renouveau sans perdre du temps dans des études à n’en plus finir. Je vote aussi pour un changement de paradigme dans les deux églises officielles.

  • Françoise de Morsier Heierli

    Pour moi, le programme « RTS religion » est DÉCISIF dans notre société actuelle – À maintenir à tout prix, comme repère et source de réflexion éthique et spirituelle sur la multi-culturalité, le pluralisme religieux, la globalisation de notre monde, afin de garder des sources d’ancrage profondes et authentiques. MERCI POUR TOUT CE QUE VOUS FAITES!
    Françoise MH

  • Anne-Brigitte Vaquin

    Monsieur Gonzalez,
    Ecrire ce commentaire est pour moi l’occasion de remercier RTSreligion pour son travail engagé, profond, surprenant, interrogeant. J’apprécie tout particulièrement les réflexions sur le sens, sur connaître l’autre, comprendre autrement, ouvrir des voies réflexives, découvrir des êtres discrets, des spiritualités riches. Je n’y ai pas (encore) discerné « ce travail sur nos évidences » comme vous le dites Monsieur Gonzalez, mais plutôt une pensée qui bouge, surprend, éclaire, propulse…loin de nos évidences.
    Je suis heureuse d’avoir été une des 25000 personnes à soutenir cette voix plurielle en 2015 et ai déjà voté Non à No bilag.
    Merci à vous pour votre projet et à tous les journalistes de RTS religion pour leur apport culturel précieux.
    Anne-Brigitte Vaquin

  • Françoise

    De France voisine, je ne voterai donc pas, mais je soutiens les émissions religieuses, j’aimais beaucoup celle qui était diffusée sur Espace 2 à 16h30, elle me manque !

  • Chalard Jean-Claude

    Je salue la démarche de Philippe Gonzalès. Le problème y est bien posé. L’espérance d’un sursaut de lucidité dans une population quasiment hypnotisée par les usages d’une économie dévoyée et pauvrement matérialiste persiste.
    Je fais partie de ceux dont la descendance a glissé à l’écart des rails de formatage que l’on perpétuait sans discernement et dans un innocence qui aujourd’hui me paraît coupable.
    Rester en recherche d’équilibre entre une formation technico-scientifique, charpentée sur une logique que l’on croyait absolue, et la persistance de la conscience de « quelque chose » de plus vaste, hors du champ de perception de nos cinq sens, est un exercice passionnant que l’on aimerait voir couronné de succès par le fait de retrouver le contact avec la deuxième, voire la troisième génération de descendance.
    Le panel des émissions diffusée par la RTS m’aide dans ce cheminement extrêmement laborieux.

  • Frédéric Siegenthaler

    Bonjour,
    J’aimerais vous dire mon malaise face à votre article publié sous la rubrique “Soutenons RTSreligion.info”. Vous vous présentez comme sociologue de l’Université de Lausanne et indiquez votre objet d’étude, ce qui indique que vous désirez faire un travail selon les règles en vigueur dans le monde scientifique. Et pourtant, vu les approximations (merci à Serge Carrel d’en avoir signalé une) et autres prêt-à-penser qui émaillent votre article, et vu le media qui diffuse votre projet de recherche, je doute que vous ayez la distance (critique, culturelle, appelez-la comme vous voulez) nécessaire pour faire un travail qui réponde réellement à l’attitude d’impartialité bienveillante que le public attends d’un chercheur sur son sujet d’étude. Seriez-vous prêts à confronter votre méthodologie et vos apriori à la critique ?

  • Nicole Quellet

    RTS religion joue un rôle très important en offrant la possibilité d’écouter un office religieux aux personnes, notamment âgées, qui ne peuvent plus se rendre à l’église. Quant aux autres émissions, elles sont intéressantes et font preuve d’une grande ouverture, ce qui est plus que jamais nécessaire aujourd’hui. Félicitations et tous mes encouragements aux équipes qui portent RTS religion.

  • Beegood Dubuis

    Il est absolument nécessaire de conserver des espaces d’échanges inter-religieux pour partager, transmettre, informer, développer, témoigner, et surtout être à l’écoute de ce vaste monde.
    Pourquoi cesser les informations pour Tous ?
    La culture est à la base de tout échange et nous permet de comprendre, d’évoluer et de changer.
    Vos émissions en sont ainsi rendues très intéressantes et passionnantes.
    Les générations X Y Z veulent tout, tout de suite et GRATUITEMENT
    Alors votez Non à No Billag.
    Selon les principes marketing du moment alors on pourrait dire  » les jeunes allez-y c’est gratuit  »
    Pourquoi ???
    Exemple: vous allez acheter un abonnement téléphonique pour portable à 29.90 par mois, c’est pas plus cher que Billag et on vous offre encore des SMS gratuit, des Mo gratuit…..
    C’est Méga Cool NON !!

    En fin de compte le marketing joue avec le fait qu’on se souvient de ce qui est gratuit, mais plus forcement de l’ordre permanent qui cours à la banque tous les mois.
    Sujet à Réflexion

    BRAVO NOUS VOUS SOUTENONS TOUTE L EQUIPE

  • PITTET Bernard

    Bonjour !
    En peu de mots, je tiens à vous remercier chaleureusement de votre travail, Philippe Gonzalez et tous les participants à la réalisation
    des divers émissions de RTSreligion, que je suis autant que possible.
    Je suis content que l’initiative « No Bilag » ne soit pas passée. Tous mes bons voeux !
    J’aimerais simultanément rendre attentif la RSR de veiller à produire des émissions d’un bon niveau.
    Je trouve qu’il y a beaucoup d’émissions qui contiennent du « remplissage »… des discussions beaucoup trop longues sur des
    sujets peu intéressants, matin et le soir dans « Forum »…. et trop de Sports …. Je vous avoue souvent me tourner vers France Culture
    et France Inter… Avons vraiment besoin d’émissions un tant soit peu édifiantes, non ? Tout en étant conscient qu’elles ne répondent
    pas forcément à la demande des auditeurs …
    Merci en tous les cas de vos efforts.
    Je suis également un supporter de « Radioforschung GfK » que vous connaissez sans doute. Je porte leur montre durant le mois mars.
    Cordialement,
    Bernard